Destination Tunis

Visite du site archéologique d’Oudhna

Proche de Tunis mais calme, imposant mais toujours sauvage, le site archéologique d’Oudhna (anciennement Uthina) mérite vraiment le détour.

Oudhna est, par exemple, une excursion très intéressante si l’on ne reste que 2-3 jours sur Tunis, offrant un aperçu sur la richesse archéologique de la Tunisie.

Oudhna est également une balade facile pour ceux qui veulent sortir de Tunis le temps d’un après-midi. Le cadre verdoyant se prête très bien à l’évasion, où le dérangement ne viendra que d’un troupeau de moutons ou d’un vol de tourtereaux.

Enfin, Oudhna est une enchaînement logique si l’on vient de visiter le Temple des Eaux de Zaghouan.


Pour venir à Oudhna

Le retour peut se faire via Khelidia. Ce sera l’occasion de traverser la riche plaine agricole de Mornag et d’y faire quelques emplettes pour le repas du soir.


Les monuments du site archéologique de Oudhna

En arrivant sur le site, deux édifices sont immédiatement visibles : le Capitole, perché sur la colline et l’amphithéâtre, à proximité immédiate du parking. Pourtant, d’autres indices laissent envisager la richesse du site. Un tour à pied dans ces prairies herbeuses permet de mieux s’en rendre compte.

L’amphithéâtre

Situé au-dessus de l’entrée, c’est par l’amphithéâtre que commence logiquement la visite. D’ailleurs, un panneau avec le plan du site se trouve juste à côté.

De forme elliptique, l’arène centrale mesure 58 m sur 35 m (soit un peu plus grand qu’un demi-terrain de football). Il est le 3ème en taille en Tunisie (après ceux d’El Jem et de Carthage) et peut contenir théoriquement 15 000 personnes.

Comme la plupart des amphithéâtres, il a été en partie creusé dans la colline : cette technique permet de diminuer le tonnage de matériaux à déplacer, tout en assurant une meilleure solidité à l’ouvrage (l’architecture moderne utilise également ce stratagème : le Stade de France est également semi-enterré). Ainsi, on accède au centre du monument par une rampe qui descend vers l’arène.

Arène et gradins de l'amphithéâtre du site archéologique de Oudhna
Arène et gradins de l’amphithéâtre

Une fois à l’intérieur, l’état du monument est frappant : on craindrait presque l’arrivée des lions et des gladiateurs !

Il faut dire que des travaux de restauration ont été entrepris il y a une vingtaine d’année. Des découvertes étonnantes ont eu lieu, notamment au sous-sol. Plusieurs salles voûtées sont depuis accessibles sous l’arène.

Les travées sont également accessibles facilement. Au coucher du soleil, les jeux de lumière sont très intéressants.

Jeux de lumière dans les travées de l’amphithéâtre

Le Capitole

C’est le second monument majeur d’Oudhna. Situé sur la colline, impossible de le louper !

Les archéologues considèrent ce temple comme l’un des plus grands d’Afrique. Tout comme l’amphithéâtre, il a été rénové récemment. Les colonnes du Capitole ont ainsi été en partie reconstruites, ce qui permet de se faire une idée de la taille du bâtiment.

Des escaliers permettent d’accéder à l’esplanade qui offre une vue exceptionnelle sur l’ensemble du site archéologique, mais également sur la plaine de Mornag, sur le djebel Ressas au nord et sur le djebel Zaghouan au sud.

Colonnes et escaliers du Capitole

L’un des atouts du Capitole est l’état de conservation de ses sous-sols. En effet, de vastes salles sont encore en place sous l’esplanade, 2 000 ans après leur construction ! C’est le cas de la salle principale, maintenue par d’immenses voûtes. Impressionnant !

Les voûtes du sous-sol du Capitole

Les citernes

Sur le côté du Capitole, on observe une maison encore occupée de nos jours. Cette maison est adossée à d’anciennes citernes alimentant le Capitole et les Thermes. Les murailles de ce bâtiment sont encore debout, imposantes.

En continuant un peu la marche vers l’Est, de nouvelles citernes s’ouvrent au sol. On distingue également le départ d’un aqueduc. En effet, pour s’alimenter en eau, les habitants d’Oudhna avait élaboré un système de drainage des eaux. Il consistait au captage de 3 sources dans les collines environnantes.

Ainsi, Oudhna était indépendante pour son alimentation en eau, malgré la présence toute proche de l’aqueduc Zaghouan/Carthage.


Les Thermes

Au pied du Capitole, à moins de 200 mètres, on observe un énorme amas de blocs et de pierres. Il s’agit des Thermes Publics.

J’en conviens, on ne reconnait pas grand chose du monument, à part quelques portiques, voûtes et fragments de pierres sculptées. L’endroit est presque dangereux, avec quelques trous mal protégés. L’amas de pierre laisse tout de même rêveur sur la taille initiale des Thermes.

En fouillant un peu, vous pourrez rentrés dans les réserves d’eau des thermes. Lors des visites par temps chaud, c’est un point de repos et de fraîcheur bien agréable !

Les Thermes, avec en arrière plan la plaine de Mornag ainsi que le djebel Boukornine.

Les villas

Plusieurs villas ont été exhumées de terre lors des diverses fouilles. C’est le cas notamment de la Maison des Laberii, d’une superficie d’environ 2300 m² ! Un véritable cauchemar pour l’entretien !

Une autre maison importante a été découverte, dite de l’Industrius (700 m² uniquement…).

Ces fouilles ont permis d’extraire de magnifiques mosaïques aujourd’hui exposées au musée National du Bardo. On peut en voir des copies à leur emplacement d’origine.

La maison de l’Industrius

Le théâtre

Le théâtre de la ville se trouve en contrebas d’Oudhna. Ne cherchez pas trop : cette zone n’a pas encore été fouillée. Ainsi, seule la scène a été découverte pour le moment. Ce monument est plus facilement identifiable par image satellite que sur place ! Il faudra sans doute revenir dans quelques années pour mieux visiter ce secteur.

Je vous laisse avec une dernière photo résumant Oudhna : un site archéologique méconnu et au potentiel énorme, ouvert sur la nature et sur des paysages agricoles typiquement méditerranéens.

La plaine agricole et le djebel Zaghouan en toile de fond

Quelques infos pratiques complémentaires

A bientôt pour de nouvelles découvertes !


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