Destination-Tunis
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Continuons à arpenter le patrimoine tunisien, avec la découverte des vestiges de la cité punique de Kerkouane.

Accès

Kerkouane se trouve entre Kélibia et el Haouaria, sur le Cap Bon. A 10km de Kélibia, prendre une route qui se dirige en direction de la mer. Kerkouane est indiqué. Faire 2km supplémentaire et se garer devant le musée.
 

🙂 Astuce 🙂

    Pour imprimer le plan, ouvrir le fichier suivant avec le logiciel GoogleEarth.

 

Contexte historique

Avant tout, un bref retour historique s’impose. Le terme « Punique » mérite en effet quelques éclaircissements.

Lors du dernier millénaire avant JC, tout autour du bassin méditerranéen, diverses cités-Etats se développent : Athènes, Rome, Carthage notamment. Deux prédominent en Méditerranée occidentale : Rome et Carthage.

Rome, tout le monde sait où c’est (tous les chemins y mènent !). Carthage, c’est plus difficile à situer sur une carte… Les ruines de la cité se trouvent donc en banlieue nord de Tunis (c’est bon à savoir pour Le Jeu des Milles Euros).

Le terme Punique s’applique donc à la civilisation carthaginoise (cliquez ici pour en savoir plus sur Carthage)

Rome et Carthage ont rapidement voulu étendre leurs territoires respectifs, amenant aux fameuses ‘Guerres puniques’, au passage des Alpes par Hannibal et ses éléphants, et, au final, à la destruction de la cité carthaginoise par Rome.

La cité punique de Kerkouane est donc, comme son nom l’indique, une ville qui s’est développée sous domination carthaginoise.
 

Historique des fouilles à Kerkouane

Le site se trouve à l’extrémité du Cap Bon, entre El Haouaria et Kélibia, en bord de mer. Il n’a été découvert qu’en 1952 par deux archéologues français. D’ailleurs, ces ruines n’appartiennent à aucune cité connue dans la littérature : Kerkouane n’est donc pas le nom d’origine de la ville. Sa fondation remonterait au V ou VI ème siècle avant JC.

Diverses campagnes de fouilles ont eu lieu, dans les années 1950, 1980 et 2000. Certains quartiers sont d’ailleurs toujours sous terre, comme on l’imagine bien sur l’image satellite ci-dessus.

Aujourd’hui, les ruines exhumées sont intactes : en effet, après la destruction de la ville, probablement à la fin des guerres puniques, aucune civilisation ne s’est réinstallée sur le site. Ainsi, Kerkouane est un exemplaire unique de l’urbanisation carthaginoise ! Depuis 1985, Kerkouane figure au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Les ruines se situent donc en bordure de Méditerranée. Les murs ne s’élèvent pas au-delà de 1 mètre, mais tous les sols sont encore présents. On circule toujours par les ruelles, en longeant les différentes maisons.
 

Visite

Sans plus attendre, voici donc toute une série de clichés pris malheureusement sous un ciel chargé :

Vestige d'un établissement thermal, avec des bancs ocres autour de la salle.
Les vestiges d’un établissement thermal, avec ses bancs.
Sol recouvert de gravier blancs, typique des maisons puniques
L’entrée d’une maison. Le sol est d’origine, avec un revêtement rouge, parsemé de graviers blancs. Dans les murs, on retrouve quelques blocs volcaniques, preuve que la civilisation carthaginoise s’est étendue jusqu’en Sicile.
Baignoire sabot en terre rouge, dans une maison punique, en excellent état !
Chaque maison dispose d’une salle d’eau, avec notamment une baignoire sabot. Vu l’état, on pourrait croire qu’elle est toujours fonctionnelle !
Evier punique. Très courant à Kerkouane, le fond est toujours composé d'un damier noir et blanc.
De même, on retrouve de partout un évier, avec sa mosaïque blanche et noire.
Système de récupération des eaux à Kerkouane : rigole en surface, drainant l'eau vers un réservoir enterré.
Outre l’évier, on retrouve un puits/réservoir, ainsi qu’un système de récupération des eaux pluviales et usées. Il est clair que l’eau était au centre des préoccupations des habitants.
Mosaïque avec la Dame de Carthage : un rond pour la tête, un trait horizontal pour les bras, un triangle pour la robe.
A l’entrée de chaque maison, on retrouve la Dame de Carthage, la déesse Tanit. C’est le symbole de la civilisation punique.
En relevant la tête, voici l'étendue de la cité. C'est immense... et seulement un quart de la cité a été dégagé...
En relevant la tête, voici l’étendue de la cité. C’est immense… et seulement un quart de la cité a été dégagé…

Rue de 3 mètre de large, avec des maisons de part et d'autre.
Au carrefour entre 2 rues. La largeur de la rue donne une idée de la taille de la ville !

 
Et pour finir, un magnifique géranium !

Géranium géant de 1 mètre de hauteur
Vive l’air tempéré de la Méditerranée !

 
A bientôt pour de nouvelles découvertes !
 

Cet article a 3 commentaires

  1. Le site archéologique de Kerkouane est un véritable trésor. Les poteries du musée sont d’une qualité remarquable pour des produits qui remontent à 300 ans avant jesus-christ. La cité qui a été très endommagé il y a bien a l’époque garde encore des traces qui dénotent une grande civilisation. L’emplacement du site en bord de mer donne un paysage remarquable.

  2. A noter que la côte est exposée et qu’il n’y a pas d’abri clair pour des bateaux. La vocation de Kerkouane n’était donc pas maritime?

  3. Possibilité de découvrir Kerkouane au détour d’une rando (sportive et culturelle!) :

    Le 1er jour, nous sommes partis de El Haouaria (cf article randonnée à El Haouaria), nous avons traversé le massif pour arriver à Ras Ed Drek, puis longé la côte jusque Kerkouane que nous avons visitée. Puis nous avons poursuivi le long de la côte jusqu’au campement de scout (forêt de Dar Chichou) où nous avons dormi (il n’y a qu’un seul bungalow, il vaut donc mieux prévoir la tente).
    Pour cette 1ère journée: environ 20-25km.
    Le lendemain nous avons repris la côte jusqu’à Kélibia (10 km).
    Après un bon repas de poisson, nous avons terminé le weekend par la visite du fort.

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